Attendant de prendre la tête d'une usine de funiculaires
Qu'il devait hériter un jour de son noble père ;
Odilon était un de ces garçons qu'on nomme pédale wah-wah
Et pour qui rien, non jamais rien ne trouve grâce à leurs yeux.
Tiré à quatre épingles, aimant la fripe et les fringues,
Il se pensait arbitre des élégances, et maître du bon goût
Bien sûr il n'était que mouche du coche,
Et raisonnait comme d'un cul son trou...
Il se voulait à l'avant-garde, paré des tout-derniers bijoux
technologiques , parangon de la modernité !
Il écrasait tout le monde de sa superbe
Et du haut de ses vingt ans jugeait fort sévèrement
Les choses et les gens passant à sa portée
Inondant de sarcasmes et de prétendus mots d'esprit
Les pauvres âmes par lui attirées _Car il n'était pas laid, le bougre !
Il rentrait souvent seul au logis, ayant, qui pour la courbe d'un nez,
Qui pour une fossette mal placée, tous ses prétendants recalés...
Il s'étonnait de devoir, lui le phénix ! Se satisfaire de caresses hâtives
Dans d' obscures caves, et était peu satisfait, somme toute,
De son cercle d'amis, si amis l'on peut dire : hyènes comme lui
Et tout autant commères, so pretty dandies à l'ironie amère...
Mais un jour rue Lakanal, devant un beau brun,
Il se tint coi, par l'amour frappé et réduit à quia.
De ce jour, il changea, mit de l'eau dans son vin ;
Devint ange de miséricorde et tout en modération ;
Presque sage...
C'est donc qu'il n'était pas si méchant et _
Son amant vous le confirmera : qu'il avait un bon fonds !...
Car c'est par le fondement qu'il fut ramené à la Raison :
C'est en effet souvent ainsi, que l'esprit vient aux garçons !

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